16 Déc 2013

[dossier] les atouts de la ouate de cellulose : le comportement au feu 4/10

Publié par Ecima

incendie et ouate de cellulose

Les caractéristiques intrinsèques de la ouate de cellulose en font un matériau performant pour freiner la propagation d’un incendie. C’est un fait, la ouate est un matériau difficilement combustible avec une contribution au feu limitée.

Pour autant, elle reste un produit organique : en tant que tel, elle peut brûler. Il est donc indispensable de respecter quelques règles élémentaires de mise en œuvre afin d’éviter tout départ de feu.
Explications….

¤ Les éléments déclenchant l’incendie

Pour déclencher un feu, il faut trois facteurs combinés :

  • un combustible (matériau susceptible de bruler),
  • un comburant (composé chimique qui va réagir avec le combustible. Oxygène le plus souvent),
  • une source de chaleur (étincelle, point chaud, flamme, etc)

Le passage de l’état de feu (peu important et encore circonscrit) à l’état d’incendie (feu très important et souvent en phase de progression) est dû à une non maîtrise de la réaction de combustion. Plus l’incendie se développe, plus la température monte et plus le phénomène s’accélère, avec les risques qui en découlent pour les biens et les personnes. Il ne s’arrêtera qu’après « consommation » de l’ensemble du combustible ou après action sur les deux autres facteurs : « piégeage » du comburant (étouffement du feu) et/ou réduction de la température.
Ces risques peuvent être limités en respectant quelques consignes de pose de base.

¤ Le comportement des matériaux

La caractérisation de la réaction au feu d’un matériau prend en compte son degré de combustibilité, son inflammabilité, son aptitude à émettre des fumées et à produire des « gouttes » enflammées.
En France, un classement composé de 5 catégories existe. Il repose essentiellement sur la combustibilité et l’inflammabilité :

  • M0 : produit non combustible
  • M1 : produit faiblement combustible
  • M2 : produit combustible
  • M3 : produit très combustible
  • M4 : produit très inflammable

En Europe, la Norme de référence NF EN 13501-1 est régie par un arrêté du 21 novembre 2002 qui établit les « euroclasses » de réaction au feu. De façon plus complète que la classification française, elle prend en compte les fumées dégagées ainsi que d’éventuelles gouttelettes projetées.

Les euroclasses intègrent ainsi un système de classement en cinq catégories d’exigence :

– Euroclasse F : aucune performance déterminée.
Produits pour lesquels aucune performance de réaction au feu n’a été déterminée ou revendiquée par le fabriquant, et qui ne peuvent être classés dans aucune des classes A, B, C, D ou E.
Euroclasse E : réaction au feu acceptable.
Produits capables de résister pendant une courte période à l’attaque d’une petite flamme sans propagation substantielle. Des gouttes enflammées peuvent être observées.
Euroclasse D : contribution au feu acceptable.
Produits satisfaisant aux critères de la classe E et résistant pour une période plus longue à l’attaque d’une petite flamme sans propagation substantielle et avec une formation limitée de gouttes enflammées. De plus, ils sont capables de subir l’essai SBI (objet isolé en feu).
Euroclasse C : contribution au feu limitée.
Cette classe est définie comme la précédente mais avec des critères plus stricts.
Euroclasse B : contribution au feu très limitée.
Cette classe est définie comme la précédente mais avec des critères plus stricts. De plus dans les conditions d’un feu bien engagé, ces produits ne contribuent que très peu à la charge combustible et au développement du feu.
– Euroclasse A1, A2 : aucune contribution au feu, même dans le cas d’un feu très développé.

Classements pour la production de fumées

  • s1 : dégagement de fumées très limité
  • s2 : dégagement de fumées limité
  • s3 : matériau ne répondant ni aux critères S1 ni au critère s2.

Classement d pour la production de gouttelettes / particules enflammées

  • d0 : pas de gouttelettes
  • d1 : dégagement de gouttelettes persistant pendant au plus 10 s (essai SBI)
  • d2 : matériau ne répondant ni au critère d0 ni au critère d1.

¤ Le comportement de la ouate

Lcomportement au feu ouate cellulosees ouates de cellulose sont classées B-S2, d0 ou C-S2,d0 : produit difficilement combustible, émettant peu de fumées et ne « gouttant » pas.
En cas de feu, grâce aux additifs ignifugeants qu’elle contient, la ouate de cellulose va réagir en « charbonnant » en surface. Cette couche de charbon garde une conductivité thermique faible qui protège la cellulose sous-jacente de l’échauffement : la cellulose se consume en surface mais ne brûle pas et aucune flamme n’apparaît.

Par ailleurs les flux d’air sont faibles au sein de la ouate, ce qui retarde la propagation de la combustion en limitant l’apport d’oxygène.
Un départ de feu dans la ouate va donc pouvoir « couver » plusieurs heures avant de prendre de l’ampleur. Cette caractéristique est particulièrement précieuse pour limiter les conséquences d’un incendie.
Un phénomène redouté par les pompiers est la phase dite d’ « embrasement généralisé » : à partir d’une certaine température, le feu ne progresse plus de proche en proche et c’est l’ensemble du local et des objets qu’il contient qui s’embrasent. En cas de départ de feu dans les combles, la ouate va retarder l’élévation de la température à l’intérieur de l’habitation par rapport à la plupart des matériaux isolants (y compris M0), et permettre ainsi de gagner un temps précieux pour les équipes d’intervention.

Si les règles élémentaires de sécurité à la pose de la ouate de cellulose sont respectées, il n’y a alors aucun risque de départ de feu. Il est ainsi conseillé d’éviter tout contact direct entre la ouate de cellulose et des éléments dégageant de la chaleur comme les conduits de cheminée ou les spots d’éclairage encastrés.

Nous vous conseillons vivement la lecture de notre article dédié à la sécurité avant de vous engager dans la pose de ouate de cellulose. Le recours à un professionnel dûment formé est vivement recommandé.

Article réalisé en partenariat avec Claude Lefrancois

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2 Responses à “[dossier] les atouts de la ouate de cellulose : le comportement au feu 4/10”

  1. […] Les caractéristiques intrinsèques de la ouate de cellulose en font un matériau performant pour freiner la propagation d’un incendie. C’est un fait, la ouate est un matériau difficilement combustible avec une contribution au feu limitée. Pour autant, elle reste un produit organique : en tant que tel, elle peut brûler. Il est donc indispensable de respecter quelques règles élémentaires de mise en œuvre afin d’éviter tout départ de feu.Explications….(…)  […]

     

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